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Lettre ouverte à lattention
de M. Alvaro Uribe Vélez, Président de la République
de Colombie
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En tant que citoyens du monde, nous nous adressons à vous en votre qualité de Président et, en particulier de Commandant Suprême des Forces Armées de la République de Colombie afin que vous ordonniez larrêt immédiat de toutes les opérations militaires qui menacent la vie des personnes séquestrées par les FARC.
Cest avec une immense préoccupation, que nous avons constaté que les opérations militaires et les bombardements dans les régions où il est présumé que les FARC retiennent des personnes en captivité, continuent et sintensifient.
Ainsi que lont témoigné les personnes récemment libérées, toute tentative de sauvetage militaire ou détat de siège humanitaire contre les colonnes des FARC exposerait de manière imminente la vie de toutes les personnes séquestrées. Leur intégrité physique et leur santé se dégradent progressivement, comme en a témoigné Luis Eladio Pérez au sujet dIngrid Betancourt.
M le Président, nous avons reçu avec beaucoup despoir linformation concernant ladoption du Décret 880 le 27 mars 2008 qui annonce la possibilité dun accord humanitaire, en proposant de libérer les membres des FARC détenus en échange de la libération des personnes retenues en otage par les FARC. Cela nous semble constituer une avancée en réaction a la clameur croissante de la communauté internationale cependant, nous sommes préoccupés par le fait que vous nayiez toujours pas ordonné la cessation des opérations militaires. Nous ne voulons pas que cette décision soit une frustration pour les attentes de libération des otages en toute sécurité.
Monsieur le Président, nous sommes dans une course contre la montre et contre la mort. Vous avez lopportunité de promouvoir immédiatement une sortie politique, réclamée aujourdhui par la communauté internationale, qui, nous lespèrons, pourra constituer les premiers pas sur le chemin de la paix en Colombie.
Toutefois, Monsieur le Président, si vous nécoutez pas les demandes des victimes et de leurs familles, si vous ne répondez pas à cet appel, si Ingrid Betancourt ou ses compagnons de captivité meurent entre les mains des FARC, cela entraînera la réprobation de la communauté internationale, et vous serez aussi responsable devant lhistoire et devant votre conscience. Vous serez, non plus le leader démocrate que vous aspirez à être, mais le bourreau de ces personnes sans défense.
Il sagit pour vous, Monsieur le Président, de contribuer de manière décisive à mettre fin à ce drame humanitaire et, par dessus tout à changer lhistoire de la violence en Colombie, pour la mener sur les sentiers de la paix.